La décoration printanière de la salle au plafond orné d’angelots avait à nouveau laissé place aux lueurs fantomatiques des torches des couloirs sombres.
Tandis que les deux généraux des mers continuaient leur chemin, l’air était redevenu progressivement lourd et le cri des âmes damnées, qui tombaient dans le puits des enfers, résonnait de plus belle dans les couloirs et les dédales du château d’Einstein.
Le couloir était long, et les dédale, nombreux. Pourtant, personne ne semblait venir à leur rencontre.
Pas même un Spectres ou un Juge.
Cela ne fit que décupler l’attention du général Sorento aux sons environnant.
Il y avait forcément quelqu’un qui les attendait, c’était évident. Il restait seulement à savoir où il se cachait.
Cependant, il n’y avait rien à part les lugubres échos du puit des Enfers (parfois ponctué de cri inhumain et déchirants), l’uniformité agaçante de leur pas, et la respiration posée du général Io.
L’étrange vibration qui brisa la monotonie des sons fit faire volte face au général Sorento.
C’était un son presque inaudible, ce qui interpella le Général Scylla sur l’étrange comportement de son pair, mais ne l’empêcha pas d’être davantage sur ses gardes.
Sorento avait simplement ressentit un phénomène des plus banale et qui ne pouvait échapper à un musicien tel que lui : La propagation des ondes.
Lorsqu’une onde sonore se propageait dans l’air, et donc, qu’un son était émis, même inaudible pour l’oreille humaine, elle déplaçait des molécules d’air.
Percevoir ses déplacements était difficile, mais pas impossible. C’était juste une question d’aiguisage des sens.
Et c’est ce qu’avait ressenti Sorento :
Des déplacements.
Trop brefs pour être du à un courant d'air. C'était donc belle et bien une onde.
Cependant, ces derniers s’étaient véritablement imposés sur tous les autres dans l'esprit du général de la Sirène : ils n’avaient pas lieux d’être si les deux généraux étaient, comme ils le pensaient, seuls.
La mélodie d’une harpe vint confirmer ses soupesons.
Ils n’étaient plus seuls.
Dans la salle voûtée, la Dame Noire pinça une ultime corde pour mettre un terme à la mélodie qu'elle composait.
Cette dernière note résonna.
Dans étrange écho, à la fois lugubre et merveilleux.
Un Echos qui s'engouffra dans les ténèbres des couloirs pour venir jusqu'aux oreilles de visiteurs inopportuns.
Un Echos porteur de mots :
- Allons, ne soyez pas timide Généraux des mers, et venez donc vous présenter à la maîtresse des lieux.
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"Cette Harpe ? Oui, c'est une vieille amie, mais elle ne fait pas qu'émettre de jolis sons..."